Dita Von Teese, l’icône glamour du strip-tease chic, est de retour au Crazy Horse. Rencontre avec la perfection faite femme. Du moins, en apparence
Mardi 17 mars, 16 h 35. Soudain, dans les loges du Crazy Horse, un parfum capiteux flotte dans les airs. A peine le temps de se retourner que Dita est là, posée sur des escarpins noirs vertigineux. On est à peine surpris de la découvrir si parfaite dans sa longue jupe vichy noir et blanc, son élégant bustier qui met en avant sa peau laiteuse, ses ongles rouge sang qui s’accordent avec un sourire mutin. La pin-up contrôle son image de bout en bout.
La vraie découverte concerne sa voix: douce, chaleureuse, sans une once de prétention, ponctuée d’éclats de rire. Une voix qui se fait plus profonde quand elle raconte ses échecs amoureux, sa difficile quête du prince charmant auquel elle croit dur comme fer. Dita parle de ses hésitations, dit tout haut qu’il lui arrive, comme n’importe quelle femme, de manquer parfois de confiance en elle.
Habituée à la nudité!
Dans le petit salon feutré du Crazy Horse, on entend presque craquer le vernis écarlate derrière lequel son personnage se réfugie sur scène. «Quand je suis devant le public, je n’ai pas d’émotions particulières à montrer mon corps. J’y suis habituée depuis longtemps. Je suis une artiste. Et si personne ne me regardait, je pense que j’aurais un problème», sourit-elle. Enfant, la jeune Heather (son vrai prénom)
rêvait devant les somptueux costumes des danseuses classiques. Aujourd’hui, c’est elle qui fait rêver. «Je prends cela comme un jeu. J’aime faire croire que je suis toutes ces femmes que j’incarne dans le spectacle mais je ne suis pas une exhibitionniste. Dans ma vie privée, des hommes m’ont réclamé un strip-tease avant l’amour mais cela ne marche pas toujours. L’étincelle n’est pas là! Je sais que je suis un fantasme pour certaines personnes mais mes désirs personnels sont plus simples. Je rêve du grand amour, le vrai, de rencontrer un homme avec le sens de l’humour, qui soit à la fois mon meilleur ami et mon amant. Le seul impératif, c’est qu’il doit y avoir une certaine chimie sexuelle entre nous. Je ne me résoudrai jamais à choisir entre l’amour et le sexe.»
«sexy, mais pas belle»
Très fleur bleue, Dita n’en reste pas moins une alliée de choc pour les femmes. «Je suis une alternative, un espoir qu’il est possible d’être sexy même si on n’a pas la beauté naturelle de filles telles que Gisele Bündchen. Elles peuvent capter l’essence de qui je suis avec un peu de rouge à lèvres, une paire de talons aiguilles et des bas noirs. Les tops ont ce truc en plus qui m’échappe complètement. Moi, je ne suis pas belle au naturel. Vous savez, si je sortais dans la rue, avec mes cheveux blonds ( ndlr: sa couleur naturelle ), sans maquillage, en T-shirt et en jeans, personne ne se retournerait sur moi. Personne ne me remarquerait. Je ne serais pas sexy. Je ne me sentirais pas sexy. Je n’ai pas vu ma vraie couleur de cheveux depuis 1990! Mais je n’ai pas peur de me montrer sans maquillage. C’est seulement une partie très intime de moi que je garde pour mes proches, mes amis. D’ici à 2010, je publierai un livre sur la beauté, dans lequel je me dévoilerai comme jamais je ne l’ai fait. Vieillir ne me fait plus peur. J’ai 36 ans et, contrairement à ce que je pensais il y a quelques années, cela n’est pas terrifiant du tout. J’ai un style intemporel et cela me sauvera peut-être. Quand je vois comment Paris Hilton s’habille, je me demande comment elle fera lorsqu’elle aura 60 ans», lâche-t-elle dans un rire.
Dita Von Teese au Crazy Horse jusqu’au 27 mars 2009.
Source : Le Matin Online
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