Archive : L’enseigne d’un bar de danseuses nues est dans la mire de la Ville

Dossier Archive Pour ceux qui croient que les problème des tenanciers de club de danseuses date d’aujourdhui!
vendredi 17 septembre 2004
L’enseigne d’un bar de danseuses nues est dans la mire de la Ville de Trois-Rivières

Les procureurs de la Ville de Trois-Rivières ont entrepris des démarches afin de bannir l’affiche d’un bar de danseuses nues. L’enseigne en question, qui expose une femme aux seins nus, a été apposée en juin à l’extérieur du Bar Saint-Charles, dans le secteur Pointe-du-Lac.

« Nos inspecteurs se sont rendus sur place pour constater l’ajout du nouveau panneau et [...] le service des permis vérifie de quelle façon la Ville pourrait intervenir pour empêcher ce type d’affichage », confirme un porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Sébastien Turgeon. La Ville, dit-il, voudrait que l’enseigne soit « de meilleur goût ».

Le gérant de l’établissement, Jocelyn Guy, ne comprend pas le questionnement de la Ville et n’a pas l’intention de retirer sa publicité, d’autant plus qu’il n’a reçu aucune plainte à ce sujet. « On est rendu en 2004. L’affichage, il y en a partout. Il y a des seins nus à la télé en plein jour, il y en a dans les centres d’achats, dans les magasins de lingerie, les filles sont à moitié nues, et ça ne dérange personne. Alors, je ne vois pas pourquoi celle-là dérangerait quelqu’un! », dit-il.

Difficile toutefois de déterminer si l’enseigne est illégale. « C’est ce qu’on est en train de vérifier », dit Sébastien Turgeon. La nudité n’est pas réglementée en matière d’affichage, dit-il, et la Charte des droits et libertés est assez permissive à ce sujet.

« Dans la mesure où il ne s’agit pas de pornographie, il peut quand même y avoir des notions de nudité. C’est ce qu’il reste à avoir : ” est-ce que pour la Ville de Trois-Rivières, il y aura une possibilité d’intervenir? ” », explique le porte-parole de la Ville.

Tout en promettant que d’autres affiches seront visibles bientôt dans la région, M. Guy démontre une ouverture d’esprit et soutient qu’il pourrait cacher le bout ses seins afin de faire plaisir aux gens. « C’est tout à part de ça! Une fille en soutien-gorge on en voit partout, on en voit dans les catalogues, on en voit un peu partout et ça ne dérange personne! », maintient-il.

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Dossier Archive : Québec, capitale mondiale du porno?

Québec, capitale mondiale du porno? Pourquoi pas. Le temps d’un week-end, la ville a pris des allures sensuelles en accueillant un congrès de créateurs de sites pornos.

Les clients du très chic Loews Le Concorde ayant eu l’idée d’emprunter les escaliers roulants pour grimper les étages n’en ont pas cru leurs yeux. Pendant trois jours, du 3 au 5 septembre, des jeunes femmes aux tenues affriolantes, qui ne laissaient rien échapper - ou presque - de leur anatomie, n’ont cessé de déambuler dans les couloirs de l’hôtel à l’occasion de QWEBEC Expo. Pour la première fois, Québec se faisait l’hôte d’un congrès destiné aux professionnels de l’Internet pour adultes, autrement dit des sites de cul.

Si, les webmestres et les producteurs œuvrant au sein de cette industrie du sexe étaient là pour s’échanger des tuyaux. On pouvait également voir çà et là les inévitables playmates - Lanny Barbie, Malaizia, Christine Young - dont les shows et les poses suggestives font le succès du Web pour adultes.

Cependant, aussi surprenant que cela puisse paraître, QWEBEC Expo, loin d’être un lieu de débauche, est un rendez-vous d’affaires tout ce qu’il y a de plus conventionnel. L’industrie du sexe, avec ses 60,8 milliards de dollars de chiffre d’affaires annuel, c’est du sérieux. “On passe nos journées derrière nos écrans d’ordinateur, les seuls contacts que nous avons avec l’extérieur proviennent des chat lines ou de MSN. C’est donc agréable de pouvoir s’entretenir les yeux dans les yeux avec les producteurs dont on utilise le matériel”, explique François (nom fictif), webmestre de 25 ans auteur de cinq sites érotiques québécois.

S’il est venu à la rencontre de ses pairs, c’est aussi pour assister à certaines des conférences données à l’occasion de ce congrès, en particulier celle portant sur la gestion de trafic. “Mes sites reçoivent plus de 300 000 visiteurs par jour. Il ne suffit cependant pas d’attirer un client potentiel, encore faut-il lui vendre quelque chose, et c’est là notre défi quotidien, précise-t-il. Comme je n’ai aucun contact avec mes clients, ce n’est pas évident de deviner quelles sont leurs attentes.” QWEBEC Expo est donc une plate-forme d’échange idéale pour lui.

“Ce qui est incroyable, c’est de voir la solidarité des gars qui sont ici, ajoute Julius F. Kedvessy, rédacteur en chef d’un magazine on line destiné aux créateurs de sites réservés aux plus de 18 ans. Ce n’est pas parce qu’ils se trouvent en compétition qu’ils ne s’échangent pas de renseignements, au contraire.” Il a cependant remarqué une certaine évolution dans l’industrie depuis quelques années. La manne financière qu’elle représente a modifié les mentalités. “On est tous là pour faire un maximum de fric et notre fond de commerce, c’est le sexe. Il y a beaucoup de place, compte tenu de la part du marché, mais il n’y en a pas pour tout le monde.”

Le sexe et l’argent: une combinaison de rêve. Malheureusement, il ne suffit pas de créer un site de cul ou de pondre un concept innovateur pour devenir riche du jour au lendemain. “C’est une industrie ultra-compétitive et seuls les meilleurs peuvent s’en sortir”, prévient Julius.

LE NOUVEL ELDORADO DES SITES PORNOS
Le Canada a en tout cas su tirer son épingle du jeu en devenant au fil des ans une véritable oasis pour les webmestres américains. “Depuis que Bush a été élu, les lois se sont durcies aux États-Unis et de nombreux sites décident de s’installer off-shore, indique Yvon Lalonde, président des Productions ConceptXXX. Le Québec, avec ses lois plus permissives en matière de sexe, a donc vu débarquer de nombreux hébergeurs et Montréal est devenu le troisième producteur de contenu Internet pour adultes après Los Angeles et Amsterdam.” Une place que lui envient bien des cités.

Ce succès s’expliquerait aussi selon le producteur par le talent des Québécoises. “Elles sont très naturelles et extrêmement ouvertes.” Des qualités primordiales dans ce business. Pourtant, il ne suffit pas d’avoir du potentiel pour réussir. Selon lui, les bonnes actrices sont très rares. Il est cependant persuadé que le Québec peut faire naître des méga-stars de la porno.

Il est d’ailleurs venu au congrès accompagné d’un team d’actrices dont deux constituent de très sérieuses prétendantes au trône. Si la première, Katina Catz, compte déjà deux années de porno sous le capot, la seconde, Biannie, fait ses premières armes dans le métier. “Je viens de participer à mon premier shooting, explique la jeune femme de 20 ans, et les échos ont été très bons. Tous pensaient que j’avais déjà fait ça avant, mais j’étais en fait danseuse nue. C’est parce que ce n’était pas très payant de danser que j’ai décidé de bifurquer dans cette voie.”

Après une enfance chaotique et des débuts difficiles dans la vie adulte, elle espère enfin pouvoir rembourser ses dettes et payer ses études. ” Il faut dire les choses comme elles sont: je veux faire ça pour me sortir de la merde. Comme j’aime le sexe, je joins l’utile à l’agréable, mais depuis que je suis toute petite, j’ai un seul rêve: travailler sur des voitures. Je vais donc essayer de ramasser assez d’argent pour me payer un DEP en carrosserie automobile et, pourquoi pas, monter ma propre entreprise.”

En attendant, elle envisage de poser pour Penthouse ou Playboy et souhaite être retenue pour la Porn Star Academy. ” Ici, je suis bien traitée et comme j’ai plutôt un beau corps, pourquoi est-ce que je ne le mettrais pas à l’avant-plan? Je n’ai jamais été pudique; c’est donc facile pour moi. Et puis je me sens un peu comme une vedette et c’est très agréable.”

LES QUÉBÉCOISES, STARS DE DEMAIN?
À 20 ans, Katina Catz est également bourrée d’ambition. Avec l’assurance de son jeune âge, elle voit son avenir tout tracé dans le XXX: d’abord sur le Web, puis dans des films et, peut-être, dans la production, un jour.

Sans pudeur, elle n’hésite pas à se donner en spectacle lorsque les regards se tournent vers elle. “J’ai hâte de posséder mon propre site Internet, car l’argent rentrera alors beaucoup plus vite. Le fric n’est cependant pas le moteur de ma vie. Je veux percer dans l’industrie, car je veux être reconnue pour l’excellence de mon travail.”

Elle ne doute d’ailleurs pas un instant de ses capacités. “De manière générale, les Québécoises sont très sexuelles et ouvertes d’esprit. Je regarde beaucoup de films de cul, donc je suis devenue très critique avec le temps, mais objectivement, je trouve qu’on est pas mal intenses ici. Ça se voit que les filles aiment ça et c’est ce que les consommateurs recherchent. En fait, c’est assez simple: on n’est pas des niaiseuses, on ne veut pas niaiser et on ne veut pas se faire niaiser.” Le message est clair et les Québécois seront sans doute très fiers d’apprendre que le caractère bien trempé et l’ouverture d’esprit de leurs filles leur donnent la possibilité de se faire une place en or sur le marché de la pornographie.

OOO

L’AMOUR DU MÉTIER
Martin M. fait un métier que des milliers d’hommes et de femmes rêvent de pratiquer. Il est critique de porno. Ou plutôt, il gère, à titre de rédacteur en chef, et possède un site qui fait la critique objective de sites payants pour adultes. C’est simple comme boulot. On lui refile gentiment un mot de passe et il mandate alors un - ou une - de ses quatre journalistes, tous spécialisés dans une zone définie de la sexualité humaine, pour la cotation du site et l’analyse du service sur une base mensuelle. Mais qu’est-ce qui le branche vraiment, lui, l’expert en la matière? “Je préfère garder cela pour moi, c’est personnel…”

D’abord un passe-temps, ses critiques sont rapidement devenues une référence pour toute une communauté de pervers à carte de crédit. Au point même de devenir son unique job. Sa démarche étant légitimée par la frustration de voir autant de sites payants faire miroiter mer et monde sans jamais livrer la marchandise. “Il y a beaucoup de publicités mensongères utilisées pour inciter les gens à s’inscrire. Parfois, on peut lire que l’abonnement donne accès à 10 000 photos, qu’il s’agit de matériel inédit ou bien que l’on peut télécharger - et non pas seulement visionner - des films, alors que ce n’est pas toujours vrai.”

Et combien de sites de cul payants existe-t-il actuellement dans le monde selon toi? “Il y a assurément plus de 10 000 adresses en fonction actuellement en Amérique du Nord.” De ce nombre, près de 500, souvent les meilleures, ont été répertoriées par son équipe et lui. Quoi penser de ce qui se fait ici au Canada, et surtout à Montréal? “Plusieurs sites québécois sont réputés partout dans le monde. On pense ici à Lesbo101, devenu un standard de qualité pour l’industrie, ou à celui de la star montréalaise Bruno B, qui surfe avec panache sur la vague de la porno réalité, comme Captain Stabbin ou Bangbus… En fait, je crois que nous offrons l’un des meilleurs pornos au monde, autant d’un point de vue esthétique qu’éthique…” (François Gariépy)

Yasmine Berthou ARTICLE - 9 septembre 2004 VOIR

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Dossier Archive : Les danseuses mettent le Lap Dancing sur la table

* Cet article a paru dans le numéro de mars-avril de La Gazette des femmes. Printemps 1996

Les danseuses mettent le Lap Dancing sur la table
par Pascale Navarro*

Étonnamment, le lap dancing n’est pas nouveau. Ici et là, la danse-contact se pratiquait en toute discrétion… Si, au cours de la dernière année, le sujet s’est soudainement retrouvé sous les feux des médias, c’est que les danseuses ont décidé d’en parler ouvertement.

Parce que cette pratique est fort lucrative, pour les danseuses bien sûr mais surtout pour les tenanciers de bars, et que les clients y voient un bon “rapport qualité-prix”, le lap dancing a connu une expansion fulgurante au cours des derniers mois. Si bien que les bars qui n’offrent que des “danses straight” et se refusent à ce genre de “services” connaissent des heures difficiles: certains auraient subi une baisse de fréquentation de 60% selon l’évaluation de danseuses. Dans ces conditions, on le devinera, les danseuses ont de moins en moins le choix: pour se maintenir dans le métier, elles sont quasi obligées, pour quelques dollars de plus, de se laisser toucher par les clients.

“Pas question!”, se sont élevées, dès 1994, des danseuses de Toronto, indignées du glissement équivoque de leur métier: pour elles, la danse-contact est définitivement une forme de prostitution. Quelques mois plus tard, le mouvement de résistance atteignait Montréal: ainsi, en septembre 1995, une vingtaine de danseuses manifestaient devant le palais de justice pour les mêmes raisons que leurs collègues torontoises.

Les moyens de se faire respecter

L’automne dernier, le propriétaire d’un établissement de Montréal décidait d’offrir des danses-contacts et, pour ce faire, installait un isoloir. Le soir même, les danseuses faisaient la grève et obtenaient la démolition de l’isoloir… Va pour l’exemple, mais on ne retrouve pas cette audacieuse solidarité dans tous les bars, et pour cause! Lors du mouvement de protestation à Montréal, une danseuse a révélé que son employeur l’avait menacée de lui faire casser les jambes si elle dénonçait les “danses à 10$” dans l’établissement où elle travaillait. Pour une qui ose transgresser la loi du silence, combien se taisent par crainte de représailles?

C’est pourquoi, dans la plupart des cas, les danseuses ont plutôt réclamé que les municipalités interviennent pour interdire la danse-contact en appliquant les règlements existants. Ainsi, à Toronto, c’est en invoquant le Règlement sur la santé et la sécurité publiques que la Ville a interdit le lap dancing. Les associations de bars et spectacles ont bien interjeté appel, mais la décision a été maintenue dans un jugement rendu en octobre 1995. À Montréal, on a recours au règlement de la Régie des permis et alcools du Québec qui interdit aux employés de bar de se mêler aux clients. Avec un succès relatif cependant puisque, le règlement ayant été déclaré inconstitutionnel, le lap dancing continue de se pratiquer. Bien que la cause soit devant les tribunaux, le gouvernement l’ayant portée en appel, les forces de l’ordre ne se privent pas d’intervenir. La police dit s’en prendre d’abord aux bars, mais, comme dans le cas de la prostitution, les danseuses sont aussi mises à l’amende.

Bref, pendant que se déroulent ces joutes autour des lois et règlements, on nage toujours en plein vide juridique. Et les danseuses, adversaires ou partisanes de la danse-contact, en font les frais, si on en croit Minni Alakkatusery, jeune féministe, qui coordonne l’organisation d’un colloque sur la prostitution qui se tiendra en mai 1996 à l’UQAM. “Le flou juridique se répercute sur les danseuses: les clients se disent que si le lap dancing est répandu, ils peuvent demander ça à toutes les danseuses. Je trouve légitime que certaines veulent faire des danses à 10$ ou plus, mais il faudrait que celles qui refusent ne soient pas pénalisées.”

S.O.S.: solidarité féministe demandée

Les groupes féministes ne devraient-ils pas intervenir dans ce débat? Après tout, certaines femmes du milieu sont forcées de pratiquer la danse-contact, alors que celles qui choisissent de le faire ne peuvent pas à cause du flou juridique que la police invoque pour les arrêter. D’une manière ou d’une autre, le problème demeure: ce sont les femmes qui écopent.

“Je pense qu’à l’intérieur du mouvement des femmes, les travailleuses du sexe sont discréditées, déplore Minni Alakkatusery. Elles sont encore vues comme étant toutes des femmes manipulées. Personnellement, je pense qu’elles font ce travail librement, par choix. Le problème, c’est qu’elles sont invisibles, sans voix, pas reconnues. En ce sens, elles sont facilement réprimées: si on reconnaissait leur choix, elles seraient moins exploitées.”

Marie-Andrée Bertrand, criminologue à l’Université de Montréal, croit aussi que le féminisme n’accorde pas assez de crédibilité aux femmes du “milieu”. “Autant je suis prête à m’engager demain matin contre la traite des mineures, autant je ne suis pas d’accord pour interférer avec le choix de femmes adultes. Ce n’est pas à moi de les juger si elles veulent gagner de l’argent avec des rapports sexuels. Dans le cas du débat sur la danse-contact, je pense que les pratiques d’un établissement doivent être claires: si ça fait partie des règles du bar, la danseuse sait à quoi s’attendre et dans quoi elle s’engage.”

Porte-parole de l’Association québécoise des travailleurs et travailleuses du sexe, Claire Thiboutot renchérit: “Peut-on être pour ou contre le lap dancing? C’est mal poser la question. Prenons l’exemple de l’avortement: ce n’est pas parce qu’on est pour le libre choix qu’on est pour l’avortement. D’un côté, celles qui font de la danse à 10$ disent offrir un service sexuel différent, et qu’il y a une demande pour ça. D’un autre côté, c’est sûr qu’il y a des conséquences pour les femmes qui dansent à 5$, parce que, effectivement, la danse à 10$ devient de plus en plus populaire et prend une grande place sur le marché. La décriminalisation clarifierait les choses… Moi, je propose qu’on définisse localement, bar par bar, la vocation de l’établissement… Le plus important, c’est que les femmes continuent de pouvoir exercer un libre choix.”

“À mon avis, conclut Frances Shaver, sociologue de l’Université Concordia qui travaille avec des prostituées de Montréal, Toronto et San Francisco, ce sont les conditions dans lesquelles travaillent ces femmes qui sont déplorables, pas leur travail.”

Mais pour réussir à obtenir la décriminalisation, les travailleuses du sexe doivent être soutenues par d’autres femmes. C’est à cette condition qu’elles pourront proposer de nouvelles règles du jeu.

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Dossier Archive: La décriminalisation des danses contacts au Canada

La décriminalisation des danses contacts au Canada : La loi sur l’indécence et l’évolution de la société
Par Mélodie, 2005

Les performances de danseuses nues existent au Canada depuis un bon moment. Les premiers strip-teases sont apparus dans les cabarets au cours des années 50 avec le burlesque. Depuis, les danses nues sont pratiquées légalement au Canada.

Les danses-contact ont fait leur apparition au courant des années 90. Les établissements de danses érotiques qui permettaient les danses-contact ont toujours fait l’objet de répression et de contrôle judiciaire. En 1999, la Cour suprême affirme que les mœurs de la société ont évolué et annonce que les danses-contact sont légales au Canada.

LA LOI SUR L’INDÉCENCE
La première Loi sur l’indécence remonte en Angleterre, le common law disposait d’une infraction « d’outrage à la pudeur. » L’indécence était considérée comme une offense aux normes de la convenance et un danger au maintient de l’ordre moral. Le premier jugement en vertu de la Loi sur l’indécence a été effectué dans l’affaire Sydley en 1963 où un homme s’était montré nu sur son balcon.

Au Canada, la première loi qui criminalise l’indécence a été adoptée dans le Code criminel canadien en 1892. En 1931, une infraction relative à la nudité dans un lieu public a été ajoutée aux dispositions du Code criminel. La Loi sur l’indécence a finalement été modifiée en 1954 pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui :

Dispositions du Code criminel
PARTIE V INFRACTIONS D’ORDRE SEXUEL, ACTES CONTRAIRES AUX BONNES MOEURS, INCONDUITE
Article 173
(1) Est coupable d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire quiconque volontairement commet une action indécente :
(a) soit dans un endroit public en présence d’une ou de plusieurs personnes;
(b) soit dans un endroit quelconque avec l’intention d’ainsi insulter ou offenser quelqu’un. Article 174
(1) Est coupable d’une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire quiconque, sans excuse légitime, selon le cas :
(a) est nu dans un endroit public;
(b) est nu et exposé à la vue du public sur une propriété privée, que la propriété soit la sienne ou non.
(2) Est nu, pour l’application du présent article, quiconque est vêtu de façon à offenser la décence ou l’ordre public.
Les autres infractions du Code criminel qui comporte la notion d’indécence :
Alinéa 163(2)b) Spectacle indécent
Article 167 Représentation théâtrale indécente
Deux principes sont généralement évalués pour déterminer si un acte est indécent ou non. Les actes ne doivent pas outrepasser la norme sociale de tolérance et les actes ne doivent pas causer de préjudice à la société.

LE JUGEMENT DE LA COUR SUPRÊME DANS LE PROCÈS DU PUSSY CAT - 1993
Dans l’affaire du Pussy cat, cinq personnes ont été accusées d’avoir tenu une maison de débauche à des fins de pratique d’actes d’indécence. Les danseuses qui y travaillaient, recevaient leurs clients dans une chambre privée. Les clients pouvaient se dévêtir et se masturber devant les posent suggestives des danseuses. Ces dernières simulaient, elles aussi, la masturbation et l’utilisation de vibrateurs était une pratique courante lors des performances. Les contacts entre les clients et les danseuses étaient strictement interdits par le propriétaire du Pussy cat.

En 1993, la Cour suprême statue que les activités exercées au Pussy cat ne sont pas indécentes et qu’un individu peut se masturber devant une danseuse dans une chambre privée. La décision de la Cour s’est appuyée sur les éléments suivants : absence de contact, absence de préjudice, consentement éclairé à l’accomplissement des actes, absence de plaintes et similitude avec les spectacles de danseuses nues qui sont acceptés par la société.

Le tribunal a également statué que les actes de masturbations de la part des danseuses et des clients ne pouvaient être considérés comme de la prostitution compte tenu de l’absence de contact entre les clients et les danseuses. Un témoin expert a aussi affirmé que la masturbation est une pratique exercée par la majorité des citoyens et qu’elle est une pratique acceptée par la société. Même si les actes étaient accomplis dans un lieu considéré public, les jugent ont déterminé que le caractère privé des chambres permettait à deux adultes consentants de jouir d’une intimité suffisante. Si les actes avaient été exposés aux regards des gens, les jugent auraient probablement considéré ces actes comme étant indécents.

Les juges ont finalement décidé que les pratiques exercées au Pussy cat n’étaient pas indécentes. Les propriétaires du Pussy cat ont été acquittés et les danseuses de l’établissement ont pu reprendre leur travail.

LE JUGEMENT DE LA COUR SUPRÊME DANS LE PROCÈS MARA - 1997
Patrick Mara était le propriétaire de la taverne Cheaters située à Toronto. L’établissement servait de l’alcool et de la nourriture et offrait des services de divertissement pour adulte. Patrick Mara et son gérant, Allan East, responsable des divertissements, ont tous deux été accusés en vertu de la Loi 167 pour avoir permis la présentation de spectacles indécents. Les spectacles impliquaient des contacts sexuels entre les danseuses et les clients. Les clients pouvaient caresser et embrasser les seins des danseuses, ceux-ci pouvaient également se masturber mutuellement.

Dans ce procès, les juges ont statué que les activités étaient indécentes et causaient préjudice aux autres spectateurs présents dans la taverne. Les attouchements pouvaient être effectués à la vue de tous et outrepassaient la norme de tolérance sociale. Ils ont également décidé que les attouchements aux organes génitaux entre les clients et danseuses étaient préjudiciables à la société puisque selon eux, ces actes dégradent et déshumanisent les femmes, banalise la sexualité et contreviennent à la dignité et l’égalité des individus. Les jugent ont dit que les attouchements mettaient les danseuses et les clients à risque de contracter une maladie infectieuse. Ils ont décidé que les danseuses pratiquaient une forme de prostitution.

Contrairement à l’affaire du Pussy cat où se sont les actes pratiqués en privé qui devaient être qualifiés ou non d’indécents, ce sont les spectacles de la taverne Cheaster qui ont été jugés indécents. En 1997, la Cour a décidé dans l’affaire Mara, en vertu de l’article 167 de la Loi C-46 du Code criminel, que les attouchements aux seins et aux fesses causaient préjudices aux danseuses.

LE JUGEMENT DE LA COUR SUPRÊME DANS LE PROCÈS TREMBLAY - 1999
Tout juste deux ans après que la Cour suprême a condamné les attouchements entre les clients et les danseuses dans l’affaire Mara, la Cour suprême statue que les danses-contact sont légales au Canada.

Thérèse Blais Pelletier, propriétaire d’un club de danseuse situé à Joliette, dans la province de Québec, est accusée de permettre des actes indécents et de tenir une maison de débauche. À la fin du procès, les juges ont décidé que les danses-contact qui étaient pratiquées dans les isoloirs dont les rideaux sont partiellement ouverts ne constituent pas des actes indécents. La Cour a également mentionné que les seins et les fesses ne sont pas des organes génitaux et que les normes de tolérance de la société vis-à-vis les attouchements aux seins et aux fesses ont changé, ces pratiques sexuelles sont maintenant admises par la société.

Le 13 décembre 1999, la Cour suprême du Canada affirme que les attouchements aux seins et aux fesses des danseuses à l’intérieur des isoloirs ne peuvent être qualifiés d’indécents et annonce que les danses-contact sont légales au canada.

LA NORME DE TOLÉRANCE DE LA SOCIÉTÉ : UN CONCEPT QUI VARIE
C’est la Cour qui possède le pouvoir de décider si des actes sont tolérables ou non selon les standards de la norme de tolérance de la société. Les juges doivent évaluer le degré de préjudice qui peut résulter de la pratique d’actes sexuels. Ils vont notamment tenter d’évaluer si les actes sont nocifs pour la société et permettent à des personnes d’adopter des comportements antisociaux.

Ce qu’une société accepte et tolère peut changer et c’est la raison pour laquelle les jugent doivent tenir compte du contexte dans lequel se sont accomplis ces actes. Par exemple, la norme de tolérance de la société varie souvent en fonction du lieu où l’acte se pratique et de la composition de l’auditoire. On peut, par exemple, déterminer en partie que la société tolère les actes pratiqués dans un club de danseuses lorsqu’il n’y a aucune plainte de la part des voisins ou des clients.

En ce qui concerne le Canada, la danse-contact ne contrevient plus aux dispositions du Code criminel sur l’indécence. La Cour suprême a appuyé son raisonnement sur le fait que les mœurs de la société ont changé et cette activité est maintenant admise socialement. Les danseuses qui, dans un isoloir, permettent à leurs clients de toucher leurs seins et leurs fesses peuvent dorénavant le faire sans craindre d’être arrêtées et criminalisées.

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