Le coup de gueule de l’industrie du porno

Face à la recrudescence du porno gratuit sur la Toile, hardeurs, réalisateurs et producteurs dénoncent ce qui pourrait tuer leurs métiers.
Quand on évoque le téléchargement gratuit sur Internet, on se penche systématiquement sur le cas de l’industrie du disque, en crise, avec des artistes qui ne peuvent plus trouver de maisons de disques, etc.
On parle aussi du cinéma, touché de plein fouet par les screeners et autres DVD rippés qui pullulent sur les sites de peer to peer…
Mais étrangement, on ne parle jamais d’un secteur qui souffre pourtant énormément de la gratuité : celui du porno.
Pourtant, il y aurait de quoi dire, puisqu’en plus des films disponibles en intégralité ou découpés sur ces mêmes serveurs de peer to peer, il y a depuis quelques années des sites qui font cauchemarder plus d’un producteur de films X : YouPorn, RedTube ou autres PornoTube. Autant de sites qui connaissent forcément des succès phénoménaux. Ainsi, les audiences de YouPorn ont dépassé celles de Dailymotion depuis la fin 2007.

Pour mieux se rendre compte de ce phénomène, nous nous somes rendus au salon Eropolis et avons interrogé plusieurs personnalités du milieu du porno.

Reportage réalisé en partenariat avec Street Reporters.
Source : entrevue.fr

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Montréal est le plus important centre de pornographie en ligne au Canada

MONTREAL — En passant les portes en verre de l’entreprise 2 Much Internet Services et on peut voir une entreprise en produits et services électroniques tout à fait habituelle - on y voit des murs en briques et des gens qui tapent au clavier.

Mais à l’écart du bureau principal, dans une pièce décorée avec des motifs de la jungle et dans laquelle se trouve Violet Manson, on voit bien plus que des briques.

“J’ai des ballons”, indique cette hôtesse à peine vêtue à l’auditoire de son site de clavardage pornographique, tout en s’étirant pour fouiller dans un sac près d’elle. Peu après, elle sort un ballon et le gonfle jusqu’à ce qu’il éclate.

“Il y a un engouement pour le fétichisme du ballon”, affirme Mme Manson, une jeune femme aux yeux bruns et aux lèvres rouges. Les gens sont prêts et disposés à payer cher - 5 $ la minute pour une session de clavardage privé - pour voir ces ballons éclater.

“C’est nouveau pour moi, mais il y a plusieurs clients qui s’adonnent au fétichisme du ballon, alors nous les accommodons.”

Violet Manson est l’une des nombreuses filles webcameurs qui travaillent dans le secteur florissant du divertissement en ligne pour adultes de Montréal, un secteur qui, selon certains, fait partie de la troisième plus importante industrie pornographique au monde, après celles de Los Angeles et d’Amsterdam.

“Montréal figure au sommet en ce qui concerne les produits de réalisation, affirme Michael Plant, un entrepreneur établi à Québec qui travaille en divertissement pour adultes. Il organise également un congrès à Montréal en août qui réunira des centaines de fournisseurs de contenu en ligne pour adultes.

Montréal a toujours été la femme fatale des villes canadiennes. Elle était reconnue pour sa vie nocturne avant les mesures de répression durant les années 1950, même si les bars de danseuses, les boutiques érotiques et les services d’escorte et d’échangisme y prospèrent toujours de nos jours. Au cours des dernières années, une industrie prolifique de films pornographiques a été ajoutée à tout cela.

La croissance dans le secteur de la pornographie en ligne est tout à fait naturelle, parce que Montréal est une plaque tournante en technologie de l’information, croit Greg Jones, directeur général de 2 Much Internet Services et de LiveCamNetwork 2.0.

“Nous avons les grandes entreprises en jeux électroniques. Nous avons plusieurs producteurs en graphisme informatique notoires.”

Pour sa part, Michael Plant croit que l’ouverture d’esprit des Québécois y est également pour quelque chose.

“Les filles sont moins gênées de poser nues ou d’avoir des relations sexuelles devant la caméra, comparativement aux filles de l’Ontario, par exemple”, a-t-il dit.

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Le SFW Porn, c’est quoi?

Une photo d’un acteur porno+ des retouches avec le logiciel Paint aux endroits stratégiques= le SFW Porn. Kesako? C’est l’acronyme de Safe For Work Porn, c’est-à-dire du porno soft à mater au travail. Comprendre: sans se faire repérer.

Car ces images détournées n’ont plus rien de choquant. On voit encore ici une bouche toute langue dehors, là des corps en positions osées, mais une fois le tout recouvert d’aplats de peinture disposés sur les parties intimes, l’icono porno en prend un coup. Et vire au ridicule. «La représentation de l’acte sexuel lui-même n’a plus rien d’attirant, explique le site Fluctuat, toujours en avance d’une tendance. Seules priment les mimiques ridicules des acteurs, transformés en personnages de cartoon.»

Détournement tous azimuts

Et sur le Web, ça cartonne. Un regret? «Il n’y a pas encore de vidéos de SFW Porn, malgré les avancées en effets spéciaux permises par les nouvelles technologies», se désole l’auteur de cet article en ligne.

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Le iPhone, l’ami de la porno mobile

Parlant du iPhone, le magazine Time publie un article dans lequel on découvre que l’appareil d’Apple est probablement le téléphone cellulaire le mieux adapté aux besoins des amateurs de pornographie. En fait, selon un représentant de la compagnie de production Sin City Entertainment, l’appareil serait le « porn-friendliest phone ».

Dans un contexte où la pornographie « mobile » devient de plus en plus importante et surtout, que la demande pour du contenu pornographique adapté au iPhone a augmenter par cinq depuis le début de l’année, l’appareil est en voie de devenir l’appareil de référence en matière de développement pornographique mobile.

Selon une étude, un tiers des usagers du iPhone regardent des vidéo à l’aide de l’appareil, c’est dix fois plus que les usagers d’autres téléphones cellulaires. Lorsqu’on ajoute à ça le fait que les utilisateurs dépensent en moyenne cinq fois plus que les autres utilisateurs de téléphone pour le divertissement à partir de leur appareil, et que les trois quarts sont des hommes… Vous comprendrez que plusieurs intervenants de l’industrie de divertissement pour adulte mettent beaucoup d’espoir dans le lancement de la seconde génération de l’appareil. Une seconde génération qui viendra augmenter considérablement le nombre de clients potentiels.

Selon l’association qui représente l’industrie du divertissement pour adultes, l’AVN, on compte déjà plus d’une centaine de sites Web spécialement conçus pour offrir du contenu pornographique dans les normes utilisés par le iPhone.

Source

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