Histoire du Strip-tease
Le Strip-tease et son histoire
S’il n’appartient finalement en tant que spectacle à part entière qu’au monde moderne, le striptease, ou l’effeuillage, prend pourtant ses racines dans la plus ancienne Antiquité, chez les courtisanes égyptiennes ou assyriennes, puis dans les cités grecques révérant Aphrodite et son équivalent romain que fût Vénus, et les pièces d’Aristophane ou Plaute regorgent déjà de déshabillages mis en scène. Il faudra la christianisation de l’Occident pour que l’exhibition du corps soit proscrite, un tabou qui ne commencera à voler en éclats qu’avec les excès de la Comedia dell’Arte, alternant bastonnades, pitreries et effeuillage. L’ère des libertins suivra sans que ces spectacles, pourtant fort appréciés de la gent masculine, ne donnent lieu à une industrie digne de ce nom, du moins jusqu’à ce que l’extension des villes n’entraîne la construction de multiples musci-halls, cabarets ou caf’ conc’, où se fait jour un nouveau genre de théâtre « populaire ». C’est sans doute à Paris que l’on trouve les premiers signes du futur strip-tease, avec les très extraverties danseuses de french-cancan qui dès 1850 permettent à l’intimité féminine de se révéler par instants dans un frou-frou de jupons et de culottes bouffantes. La première star en serait ainsi La Goulue, immortalisée par Toulouse Lautrec, qui officiait au Moulin Rouge. Mais la fin du XIXe siècle est à l’étranger bien rigide et ne saurait tolérer si ouvertement ces exhibitions « dégradantes ». Dans l’Angleterre victorienne, la censure frappe le french-cancan jusqu’à ce qu’un certain John Tiller ne parvienne à discipliner les mouvements hystériques du cancan en une danse plus policée qui fera les beaux jours des revues anglo-saxonnes. A Paris, au contraire, les spectacles de music-hall deviennent de plus en plus excessifs et marient clowns, charmeurs de serpents, tableaux vivants, girls dans des numéros qui imitent le quotidien (le bain, la mariée, …) ou se rapprochent du cirque par l’usage de trapèzes. Le public s’enthousiasme pour ces saynètes jouées par des personnalités telles que « la belle » Otero, ou Colette, qui, avant d’écrire des romans se déshabillait en public sur les scènes parisiennes.
La mode de l’orientalisme allait apporter un premier renouveau dans le music-hall, les danses des voiles de personnalités exotiques remplaçant vite le déshabillage appliqué de fausses bourgeoises. Le mythe de Salomé est omniprésent et partout se multiplient les numéros de danse du ventre. S’il fallait chercher une figure tutélaire au strip-tease, ce serait sans doute la danseuse exotique néerlandaise Mata Hari (qui allait être célébrée quelques années plus tard pour ses activités d’espionne durant la Première guerre mondiale).
En traversant l’Atlantique, cette nouvelle mode se transforme et devient un type de spectacle profondément américain, le burlesque. Rapidement, des troupes se montent, pour des spectacles alternant gags grivois, cancan et « parades de jambes ». Volontairement vulgaire et outrancier, le burlesque américain plaît rapidement au grand public et ne cesse d’absorber et de digérer les nouvelles tendances venues d’Europe qui, comme l’orientalisme, deviennent prétexte à des carnival shows itinérants qui arpentent le territoire américain en présentant un Orient de pacotille (c’est ainsi que Barnum fera sa fortune).
La danse du ventre se rapproche de plus en plus du strip-tease à part entière en devenant le très populaire Hootchie-Coochie, qui allait s’imposer dans tous les spectacles burlesques. La profession de danseuse nue n’apparaîtra pour la première fois qu’après la première guerre mondiale, avec en France Joséphine Baker ou Gaby Deslys. Les vêtements disparaissent, les spectacles se complexifient et les revues deviennent une vitrine du luxe hédoniste. Et si le terme de strip-tease n’apparaît officiellement qu’en 1931, la pratique est déjà courante durant les années 20 dans les troupes de burlesque américain, même si les avis diffèrent quant aux circonstances de ce premier strip, ne s’accordant que pour dire qu’il ne s’agissait que d’un accident, vite renouvelé du fait de la réponse enthousiaste du public et des substantielles rentrées d’argent qu’elle promettait.
Les premiers clubs de strip-tease apparaissent à New York et se multiplient rapidement, essaimant à travers une Amérique en crise dont ils remontent le moral à grands renforts de jeunes femmes dénudées renouvelant leur numéro durant toute la journée. Un « Âge d’or » qui ne durera guère puisque le strip-tease et le burlesque se trouvent formellement interdits à New York en 1939. Montrées du doigt par les ligues de vertu, les strip-teaseuses en rajoutent dans la provocation et le soufre, exploitant au maximum les figures de la femme fatale, de la garce et de la délinquance juvénile. Le burlesque se déplace vers les night-clubs et les « strip joints », et perd tout son « enrobage », ne laissant plus que du strip et de l’alcool. Descendues des scènes, les strip-teaseuses se mêlent au public. Los Angeles ou Boston ne tardent pas à les proscrire à leur tour, et les plaintes pour obscénité se multiplient jusqu’en 1955 où un sénateur maccarthiste déclarera que « le strip-tease est un art purement américain et une noble institution ». Mieux vaut être nue que rouge, apparemment, et les clubs de strip rouvrent, se concurrençant sans pitié dans le registre du « toujours plus ». Plus nues, plus impudiques, avec les plus gros seins, borgnes, naines, éclopées, composent les figures d’un nouveau freak-show que n’aurait pas renié Tod Browning.
De retour en France, le strip-tease se fait plus raffiné, dédaigne les excès outranciers de son homologue américain, et envahit lui aussi les clubs créés pour lui, comme le Lido, le Crazy Horse Saloon ou le Casino de Paris. L’humour s’y fait plus présent (des humoristes comme Raymond Devos ou Fernand Raynaud interviennent entre les numéros au Crazy Horse), le strip parodie ses propres modèles et ses excès. Il sera officiellement considéré comme un art en 1955, date à laquelle ouvrira également à Paris une Académie du strip-tease dirigée par… un ancien préfet de police. Mais en France comme ailleurs, le fossé se creuse, entre un strip-tease étudié, scénarisé et s’arrêtant avant la nudité totale, et sa version plus vulgaire et ouvertement pornographique qui, inaugurée dans les boîtes à GI’s du Japon d’après-guerre, se répand peu à peu dans les strip-joints de la planète (s’achevant par des poses très impudiques, cette forme de strip-tease « gynécologique » est si poussée que, au Japon, certains clubs fournissent toujours des lampes torches au public pour qu’il puisse examiner en détail l’intimité des danseuses).
Les années 70, avec la libération sexuelle, verront la multiplication effrénée des exhibitions qui se passent désormais de l’alibi du spectacle. Le corps nu est naturel, et quelques hommes d’affaires peu scrupuleux amassent des fortunes en créant des bars « topless » ou « bottomless », où toutes les filles, des serveuses aux groupes sur scène, se produisent à demi-nues. Face à cette concurrence, les strip-teaseuses et leurs nouvelles consœurs que sont les go-go girls cèdent peu à peu aux charmes de la chirurgie esthétique, entamant la course au « toujours plus » dans le volume mammaire, avec tous les drames et accidents entraînés par cette pratique. Mais l’autre innovation majeure de la décennie, qui sera immensément populaire ensuite, est l’apparition d’un strip-tease masculin, initialement gay, qui change ouvertement de nature avec les premiers spectacles de Chippendales. Dès lors, les principales figures du strip-tease sont fermement en place et ne changeront guère jusqu’à nos jours, si ce n’est pour quelques évolutions de mise en scène, comme la très populaire lap-dance, nouvel avatar du « toujours plus » (de contact, cette fois-ci).
Pourtant, un renouveau du genre semble actuellement venir des Etats-Unis, où la new-burlesque marie le glamour des années 40 à la scène punk et féministe, et où les spectacles, autour du strip-tease, proposent chansons et intermèdes comiques, le tout dans une mise en scène et un éclairage bien plus travaillés que le triste lot des danseuses siliconées des strip-joints. Une boucle semble donc bien bouclée, et le strip-tease, loin de s’éteindre, se prépare un avenir frais, ludique et toujours sexy.
N’ écoutez en aucun cas les journalistes ou les pseudo experts en communication qui disent, je cite
“le strip tease est un phénomène de mode ! ”
Définition du strip tease :
Strip-tease : Dévêtement progressif d’une dame dont la savante lenteur excite sournoisement les sens.
extrait du Dictionnaire Surrealiste
Le divertissement féminin par excellence !
les CHIPPENDALES se sont avérés être un concept timeless.
Leur talent a éclaté sur la scène des clubs, vers la fin des annees 70.
Ils ont été reconnus dans le monde entier comme les pionniers du divertissement feminin . Aucun autre acte d’ execution n’a eu leur succès…
Constitués en 1978, ils sont les premiers au monde à danser dans les cabarets en groupes de “mâles”. Ils ont commencé leurs exhibitions, tout d’abord une nuit par semaine dans un night-club de Los Angeles… Aujourd’hui ils sont sur toutes les scènes du monde.
Le nom : “CHIPPENDALES” a été emprunté au 18ème siècle à Thomas Chippendale, ébeniste de profession. Leurs exhibitions sont rapidement devenues si populaires que la légende a été consacrée immédiatement !
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